Peuples, langues et minorités

Homogénéité revendiquée et réalités récentes

La société sud-coréenne s'est longtemps pensée comme ethniquement homogène, autour d'une identité nationale forgée pendant la colonisation japonaise puis entretenue par les manuels scolaires. Cette représentation a été explicitement mise en cause en 2007 par un comité des Nations unies, qui recommandait d'abandonner la notion de peuple au sang pur dans les programmes officiels. Les statistiques contemporaines décrivent une population plus composite qu'auparavant, sans que le pays se définisse pour autant comme multiculturel.

Langue coréenne et écriture hangeul

Le coréen est parlé par environ quatre-vingts millions de personnes dans les deux Corées et la diaspora. Les linguistes le rattachent le plus souvent à une famille isolée, malgré des rapprochements anciens avec les langues altaïques. Son alphabet, le hangeul, a été conçu sous la direction du roi Sejong et promulgué en 1446 afin de rendre l'écriture accessible au plus grand nombre. Sa création est commémorée chaque 9 octobre par un jour férié. Les caractères chinois, les hanja, subsistent dans certains usages savants, juridiques et journalistiques. Parmi les variétés régionales, la langue de Jeju est classée par l'Unesco parmi les langues en situation critique, avec quelques milliers de locuteurs âgés.

Résidents étrangers

Les étrangers résidant en Corée du Sud étaient environ 2,65 millions fin 2024, soit près de 5,2 % de la population totale. Les ressortissants chinois forment le premier groupe, dont une part importante de Coréens de Chine, les Joseonjok, qui bénéficient de visas spécifiques. Viennent ensuite les Vietnamiens, les Thaïlandais, les Ouzbeks, les Népalais et les Américains. Ces populations se répartissent entre travailleurs sous permis d'emploi, étudiants, conjoints de Coréens et cadres expatriés.

Familles multiculturelles et transfuges nord-coréens

Les mariages internationaux représentent environ une union sur dix depuis le milieu des années 2000, en particulier dans les zones rurales. Les familles qui en sont issues, désignées par le terme damunhwa, font l'objet de politiques d'accueil et de soutien scolaire, mais les enquêtes gouvernementales continuent de relever des discriminations à l'école et à l'embauche. Par ailleurs, plus de trente-quatre mille transfuges nord-coréens se sont installés dans le Sud depuis la fin des années 1990, où ils obtiennent la nationalité et un accompagnement à l'insertion.

Religions

Le recensement de 2015 dénombrait 56 % de personnes sans affiliation religieuse déclarée, près de 20 % de protestants, 16 % de bouddhistes et 8 % de catholiques. Le chamanisme et le confucianisme continuent d'imprégner les pratiques familiales et rituelles sans se constituer en appartenance revendiquée.