Hymne de la Corée du Sud

Aegukga, chant patriotique

L'hymne national sud-coréen s'intitule Aegukga, expression qui se traduit par chant d'amour du pays. Le titre désignait à l'origine tout un ensemble de chants patriotiques composés à la fin du XIXe siècle, alors que le royaume de Joseon affrontait les convoitises étrangères. Le texte aujourd'hui officiel s'est progressivement détaché de cet ensemble pour devenir l'hymne de référence des mouvements indépendantistes, puis celui de la République.

Paroles d'auteur incertain

L'identité de l'auteur des paroles n'a jamais été établie. Trois noms reviennent dans les travaux historiques, ceux de l'intellectuel Yun Chi-ho, du militant indépendantiste Ahn Chang-ho et du haut fonctionnaire Min Yeong-hwan. L'Institut national d'histoire coréenne considère la question comme non tranchée et les éditions officielles publient le texte sans mention d'auteur. Le poème compte quatre strophes suivies d'un refrain commun. La première évoque la mer de l'Est et le mont Baekdu, la deuxième le pin résistant aux vents, la troisième le ciel d'automne, la quatrième la fidélité due à la patrie. Le refrain célèbre les monts et les rivières couverts de fleurs de mugunghwa.

Musique d'Ahn Eak-tai

Jusqu'aux années 1930, ces paroles se chantaient sur la mélodie écossaise d'Auld Lang Syne, faute de composition propre. Le compositeur et chef d'orchestre Ahn Eak-tai écrivit une musique originale en 1935, qu'il intégra ensuite à un poème symphonique consacré à la Corée. Le gouvernement provisoire en exil l'adopta et la mélodie s'imposa dans la diaspora avant la libération de 1945. La veuve du compositeur a cédé les droits patrimoniaux à l'État coréen en 2005, ce qui a placé l'œuvre dans le domaine public.

Statut et usages

L'Aegukga a été retenu comme hymne officiel au moment de la proclamation de la République, le 15 août 1948, sans qu'une loi spécifique lui soit consacrée. Son emploi relève d'un décret sur les symboles nationaux. Il est exécuté lors des cérémonies d'État, des levées de couleurs dans les établissements scolaires et les casernes, et des rencontres sportives internationales, où seuls la première strophe et le refrain sont généralement interprétés. La Corée du Nord dispose d'un hymne distinct, également nommé Aegukga, mais reposant sur un texte et une musique entièrement différents.