Scène politique en Corée du Sud

Bipartisme et recompositions permanentes

La vie politique sud-coréenne s'organise autour de deux grands blocs. Le camp libéral et progressiste est aujourd'hui représenté par le Parti démocrate, héritier des mouvements d'opposition à la dictature. Le camp conservateur s'incarne dans le Parti du pouvoir au peuple, issu des formations qui ont soutenu les gouvernements des années 1960 à 1980, puis les présidences de Lee Myung-bak et de Park Geun-hye. Ces deux ensembles changent fréquemment de nom et de structure au gré des scissions et des fusions, ce qui rend leur généalogie difficile à suivre. Les petites formations écologistes, progressistes ou régionalistes n'obtiennent qu'un nombre restreint de sièges malgré la part proportionnelle du scrutin.

Rapport de forces à l'Assemblée

Les élections législatives du 10 avril 2024 ont donné une large majorité au Parti démocrate et à ses alliés, qui ont réuni environ 175 sièges sur trois cents, contre une centaine pour le Parti du pouvoir au peuple. Le président Yoon Suk-yeol, élu en mars 2022, s'est ainsi trouvé face à une Assemblée dominée par l'opposition pendant la totalité de son mandat, situation marquée par des vetos présidentiels répétés et par de vifs affrontements budgétaires.

Crise de la loi martiale

Le 3 décembre 2024, Yoon Suk-yeol a proclamé la loi martiale et justifié cette décision par l'accusation d'activités favorables à la Corée du Nord au sein de l'opposition. Des militaires ont été déployés autour du parlement. Réunis dans la nuit, les députés ont voté la levée de la mesure par 190 voix, sans opposition, et le président l'a rapportée quelques heures plus tard. L'Assemblée nationale a adopté une motion de destitution le 14 décembre 2024, par 204 voix contre 85, ce qui a suspendu le chef de l'État de ses fonctions. La Cour constitutionnelle a confirmé la destitution à l'unanimité de ses juges le 4 avril 2025. Une procédure pénale distincte, engagée pour insurrection, s'est poursuivie devant les juridictions ordinaires.

Élection présidentielle anticipée

Le scrutin anticipé s'est tenu le 3 juin 2025. Lee Jae-myung, candidat du Parti démocrate et ancien gouverneur de la province du Gyeonggi, l'a emporté avec 49,4 % des suffrages devant Kim Moon-soo, du Parti du pouvoir au peuple. Il a pris ses fonctions dès le lendemain, sans période de transition, et a nommé Kim Min-seok au poste de Premier ministre. Les prochaines élections législatives sont attendues en 2028 et la prochaine élection présidentielle en 2030.