Libertés publiques en Corée du Sud
Garanties constitutionnelles
Le deuxième chapitre de la Constitution de 1987 énumère les droits fondamentaux, parmi lesquels la liberté d'expression, de réunion et d'association, la liberté de conscience et de religion, l'égalité devant la loi et le droit de vote. La Cour constitutionnelle en assure la protection et a invalidé de nombreuses dispositions législatives depuis sa création. Une commission nationale des droits de l'homme, instituée en 2001, rend des avis et instruit des plaintes sans détenir de pouvoir contraignant. Les organisations internationales classent régulièrement le pays parmi les démocraties libérales consolidées, tout en relevant des restrictions ponctuelles.
Liberté de la presse
Reporters sans frontières situait la Corée du Sud au 61e rang mondial sur 180 dans son classement de 2025, puis au 47e rang en 2026. L'organisation relève la persistance de la diffamation comme infraction pénale, passible de plusieurs années d'emprisonnement même lorsque les faits allégués sont exacts, ce qui incite les rédactions à taire certains noms. Elle signale également le rachat de médias par des groupes issus d'autres secteurs et le harcèlement en ligne subi par de nombreux journalistes. Le paysage médiatique demeure dense, avec des chaînes publiques, des chaînes privées et une presse quotidienne fortement polarisée.
Loi sur la sécurité nationale
Adoptée en 1948, la loi sur la sécurité nationale reste en vigueur. Son article 7 réprime l'éloge ou la propagation d'idées jugées favorables à la Corée du Nord, y compris la diffusion de publications nord-coréennes. La Cour constitutionnelle a validé ce texte à plusieurs reprises tout en en restreignant l'interprétation, et le nombre de poursuites a fortement diminué par rapport aux décennies autoritaires. Des associations de défense des droits humains en demandent l'abrogation depuis les années 1990.
Objection de conscience et service alternatif
Le service militaire concerne tous les hommes reconnus aptes, pour une durée de dix-huit mois dans l'armée de terre, de vingt mois dans la marine et de vingt et un mois dans l'armée de l'air. Après des décennies d'incarcération des objecteurs, la Cour constitutionnelle a imposé en juin 2018 la création d'une solution civile et la Cour suprême a reconnu l'objection de conscience en novembre de la même année. Un service alternatif de trente-six mois en établissement pénitentiaire fonctionne depuis 2020.
Discriminations et peine capitale
Aucune loi générale contre les discriminations n'a été adoptée, malgré des propositions déposées à intervalles réguliers depuis 2007. Les unions entre personnes de même sexe ne sont pas reconnues, mais la Cour suprême a admis en juillet 2024 le rattachement d'un partenaire de même sexe à l'assurance maladie. Aucune exécution capitale n'a eu lieu depuis décembre 1997, ce qui vaut au pays le statut d'abolitionniste de fait, la peine restant inscrite dans le code pénal.