Emploi et travail en Corée du Sud
Traits du marché du travail
Le taux de chômage sud-coréen se maintient à un niveau bas, autour de 2,8 % en 2024, mais cet indicateur masque une forte inactivité chez les jeunes diplômés et chez les femmes après la naissance d'un enfant. L'emploi salarié se concentre dans les services, qui occupent plus de sept actifs sur dix. Le marché reste segmenté entre les salariés réguliers des grandes entreprises, protégés et bien rémunérés, et les travailleurs non réguliers, sous contrat à durée déterminée ou en sous-traitance, qui forment environ un tiers des salariés.
Durée du travail et rémunérations
La durée légale hebdomadaire est de quarante heures, avec un plafond de cinquante-deux heures, heures supplémentaires comprises, instauré en 2018 et étendu progressivement aux petites entreprises jusqu'en 2021. La durée annuelle effective demeure supérieure à la moyenne de l'OCDE. Le salaire minimum horaire a été porté à 10 030 wons en 2025, franchissant pour la première fois le seuil des dix mille wons. Les rémunérations comportent souvent des primes semestrielles importantes et l'ancienneté conserve un poids notable dans la progression salariale. L'écart de rémunération entre femmes et hommes reste le plus élevé de l'OCDE.
Protection sociale
Quatre assurances obligatoires couvrent les salariés, la retraite nationale, l'assurance maladie, l'assurance chômage et l'assurance des accidents du travail. Les cotisations sont partagées entre l'employeur et le salarié, à l'exception de l'assurance accidents, qui incombe au seul employeur. À la rupture du contrat, un salarié comptant au moins un an d'ancienneté perçoit une indemnité de départ correspondant à environ un mois de salaire par année travaillée. L'âge légal minimal de départ à la retraite est fixé à soixante ans.
Visas de travail pour les étrangers
L'exercice d'une activité salariée suppose un titre de séjour adapté, délivré sur parrainage de l'employeur. Le visa E-7 vise les professions qualifiées, le visa E-2 l'enseignement des langues et le visa D-8 les dirigeants et cadres de sociétés à capitaux étrangers. Le système de permis d'emploi, connu sous le sigle EPS, organise l'arrivée de travailleurs peu qualifiés originaires d'une quinzaine de pays partenaires, avec des quotas annuels fixés par le gouvernement. Les résidents de longue durée peuvent accéder aux visas F-2 puis F-5, qui affranchissent des restrictions liées à l'employeur.
Culture professionnelle
Les organisations restent marquées par la hiérarchie et par l'importance des relations informelles nouées en dehors des heures de bureau. Les pratiques évoluent toutefois, sous l'effet des réformes sur le temps de travail, de la sanction du harcèlement moral introduite en 2019 et des attentes des jeunes générations.