Economie de la Corée du Sud

Trajectoire du miracle sur le fleuve Han

Sortie du conflit de 1950-1953 parmi les pays les plus pauvres du monde, la Corée du Sud a connu à partir des années 1960 une industrialisation dirigée par l'État, fondée sur la promotion des exportations, sur l'orientation du crédit vers de grands groupes privés et sur des plans quinquennaux successifs. Le revenu par habitant a été multiplié par plus de cent en soixante ans. Le pays a adhéré à l'OCDE en 1996, avant d'être frappé par la crise asiatique de 1997 et de recourir à un programme du Fonds monétaire international, remboursé par anticipation en 2001.

Poids économique actuel

Le produit intérieur brut nominal s'établissait autour de 1 870 milliards de dollars en 2025, ce qui place la Corée du Sud parmi les quinze premières économies mondiales, et à environ 3 360 milliards de dollars en parité de pouvoir d'achat. Le produit par habitant approche 37 500 dollars. La croissance a atteint 2,7 % en 2024 avant de ralentir nettement en 2025, dans un contexte d'incertitude politique intérieure et de tensions commerciales. L'inflation est revenue autour de 2,3 % en 2024, après le pic enregistré en 2022.

Structure sectorielle

Les services représentent près de 58 % de la valeur ajoutée, l'industrie environ 32 % et l'agriculture moins de 2 %. Cette part industrielle demeure l'une des plus élevées des pays développés. La recherche absorbe près de 5 % du produit intérieur brut, proportion parmi les plus fortes au monde, financée majoritairement par les entreprises privées.

Ouverture commerciale

Le commerce extérieur pèse près des deux tiers du produit intérieur brut. Les exportations de biens ont approché 710 milliards de dollars en 2025 et les importations 630 milliards. La Chine et les États-Unis absorbent à eux seuls plus de 40 % des ventes à l'étranger, devant Taïwan, le Vietnam et le Japon. Des accords de libre-échange lient la Corée du Sud à l'Union européenne, aux États-Unis, à la Chine et à l'Asie du Sud-Est.

Chaebols et tissu productif

Une trentaine de conglomérats familiaux, les chaebols, structurent l'appareil productif. Les quatre premiers d'entre eux, Samsung, SK, Hyundai Motor et LG, réalisent un chiffre d'affaires cumulé équivalent à une fraction considérable du produit intérieur brut. Face à eux, les petites et moyennes entreprises emploient environ huit salariés sur dix mais dégagent une productivité nettement inférieure, écart que les autorités qualifient de dualisme économique.

Fragilités structurelles

L'endettement des ménages dépasse 90 % du produit intérieur brut, niveau parmi les plus élevés des économies avancées, largement lié au crédit immobilier. La dette publique s'est établie autour de 55 % du produit intérieur brut en 2024, en progression continue depuis 2019. Le déclin démographique pèse enfin sur la population active.