Les valeurs et les mentalités en Corée du Sud
Héritage confucéen
Le néo-confucianisme, doctrine officielle de la dynastie Joseon pendant cinq siècles, continue de structurer les relations sociales. Il ordonne les rapports humains selon des couples asymétriques, du souverain au sujet, du père au fils, de l'aîné au cadet. Cet héritage se lit dans le respect dû aux personnes âgées, dans l'importance accordée à l'étude et dans la valeur attachée à la maîtrise de soi.
Famille et piété filiale
La piété filiale, hyo, occupe une place centrale dans la morale traditionnelle. Elle impose des obligations concrètes envers les parents, notamment leur prise en charge matérielle une fois l'âge venu. Le modèle de la famille élargie a beaucoup reculé au profit du foyer nucléaire urbain, mais les visites familiales lors des grandes fêtes et les réunions autour des aînés restent des moments très suivis.
Rites ancestraux
Le jesa désigne les cérémonies rendues aux ancêtres, à l'anniversaire de leur décès comme lors des principales fêtes du calendrier lunaire. La famille dresse une table d'offrandes selon un ordonnancement précis, puis chacun s'incline devant les tablettes ou les portraits. Ces rites subsistent dans de nombreux foyers, sous une forme souvent simplifiée, et certaines familles chrétiennes leur substituent un service religieux.
Groupe, âge et hiérarchie
L'appartenance au groupe prime souvent sur l'affirmation individuelle, qu'il s'agisse de la famille, de l'école ou de l'entreprise. Les réseaux d'anciens élèves et les liens régionaux gardent une réelle efficacité sociale. La Corée du Sud a par ailleurs adopté en 2023 le décompte international de l'âge dans les textes officiels, alors que le comptage traditionnel ajoutait une ou deux années au calcul occidental.
Éducation et réussite
L'école mobilise des ressources considérables et l'entrée à l'université demeure un enjeu familial majeur. Les élèves fréquentent massivement des instituts privés du soir, les hagwon, et l'examen national d'entrée à l'université, le suneung, organise la vie du pays pendant une journée entière au mois de novembre. Cette pression scolaire nourrit un débat récurrent sur le coût de l'éducation et sur le bien-être des jeunes.
Croyances et pluralisme
La société sud-coréenne combine une forte proportion de personnes sans affiliation religieuse, un protestantisme très implanté, un catholicisme actif et un bouddhisme ancien. Le chamanisme conserve une présence discrète à travers les consultations de mudang lors des étapes importantes de la vie. Cette diversité coexiste sans conflit majeur.
Mutations contemporaines
Le rapport au travail, à la famille et au genre évolue rapidement. Le taux de fécondité compte parmi les plus bas du monde et le nombre de ménages d'une seule personne progresse fortement dans les grandes villes. Les jeunes générations revendiquent un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ce qui bouscule des hiérarchies longtemps considérées comme intangibles.