La peinture sud-coréenne
Fresques funéraires et art bouddhique
Les plus anciennes peintures conservées dans la péninsule ornent les parois des tombes du royaume de Goguryeo. Elles représentent des scènes de chasse, des cortèges et des créatures mythologiques comme les dragons ou les chevaux ailés. Avec la diffusion du bouddhisme, la peinture religieuse prend le relais et couvre les murs des sanctuaires. Les peintures bouddhiques de la période Goryeo, exécutées sur soie avec un usage abondant de l'or, comptent parmi les productions les plus recherchées de l'art asiatique médiéval.
Peinture de lettrés
Sous la dynastie Joseon, le confucianisme place la calligraphie et la peinture à l'encre au coeur de la formation des élites. Les lettrés peignent au pinceau sur papier ou sur soie, avec une économie de moyens revendiquée. Le thème des quatre plantes nobles, qui associe le prunier, l'orchidée, le chrysanthème et le bambou, illustre des vertus morales et se transmet de maître à élève pendant des siècles.
Paysages réels et scènes de genre
Au XVIIIe siècle, Jeong Seon rompt avec les paysages idéalisés d'inspiration chinoise et peint les montagnes coréennes telles qu'il les observe, dans un courant appelé jingyeong sansu. La peinture de genre connaît au même moment un essor remarquable avec Kim Hong-do et Sin Yun-bok, qui saisissent les travaux des champs, les fêtes de village et les scènes galantes avec une observation précise et une pointe d'humour.
Minhwa et peinture populaire
À côté de la production savante, la peinture populaire minhwa décore les maisons et accompagne les grandes occasions de la vie familiale. Des artistes anonymes y répètent des motifs porteurs de souhaits, tigres protecteurs, poissons, pivoines ou paysages de longévité, avec des couleurs vives et une composition volontairement libre. Ce répertoire a nourri le graphisme et le design coréens contemporains.
Dansaekhwa et scène contemporaine
La peinture coréenne du XXe siècle absorbe les langages occidentaux tout en cherchant une voie propre. Le dansaekhwa, courant monochrome apparu dans les années 1970, en constitue l'expression la plus reconnue. Ses représentants, parmi lesquels Park Seo-bo, Ha Chong-hyun ou Chung Sang-hwa, travaillent la matière par répétition de gestes simples, effacement et saturation de la surface. Lee Ufan, associé à ce mouvement et au groupe japonais Mono-ha, dispose aujourd'hui d'un musée à Busan. Les galeries de Séoul et les grandes foires internationales assurent depuis les années 2000 une visibilité soutenue à cette scène.