La musique sud-coréenne

Gugak et répertoires savants

Le terme gugak désigne l'ensemble de la musique traditionnelle coréenne, dont les répertoires documentés remontent au VIIe siècle. La tradition distingue la musique de cour, lente et solennelle, de la musique populaire. Le jeongak, musique de chambre des élites, accompagnait les banquets, les danses et les cérémonies officielles. Le jongmyo jeryeak, musique du rite ancestral royal exécutée au sanctuaire de Jongmyo à Séoul, réunit un grand orchestre et de nombreux danseurs, et figure sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.

Pansori et chant narratif

Le pansori associe un chanteur et un percussionniste au tambour. Une seule voix y raconte, chante et mime une histoire complète dont la durée peut atteindre plusieurs heures. Ce répertoire épique, inscrit par l'UNESCO en 2008, repose sur un timbre volontairement rauque, obtenu au terme d'un apprentissage très long. Le sanjo, suite instrumentale improvisée sur des cycles rythmiques de plus en plus rapides, s'est constitué au XIXe siècle dans le même univers musical.

Percussions et musique paysanne

Le nongak, musique des communautés villageoises qui mêle percussions, danse et rituels, a rejoint les listes de l'UNESCO en 2014. Il a donné naissance en 1978 au samulnori, formation de quatre percussionnistes créée par Kim Duk-soo, qui a porté ce répertoire sur les scènes de concert du monde entier. L'Arirang, chant lyrique décliné en de très nombreuses variantes régionales, a été inscrit en 2012 et fait office de mélodie emblématique du pays.

Instruments traditionnels

Les ensembles coréens reposent sur un instrumentarium bien identifié.

  • Le gayageum, cithare à douze cordes pincées
  • Le geomungo, cithare à six cordes jouée au plectre de bambou
  • Le haegeum, vièle à deux cordes
  • Le daegeum, grande flûte traversière de bambou
  • Le janggu, tambour en sablier, accompagné du buk, du kkwaenggwari et du jing

Trot et variété

Le trot, apparu pendant la période coloniale, mêle influences japonaises et occidentales et conserve un public fidèle, relancé par les concours télévisés. La ballade sentimentale et le rock ont ensuite dominé la scène des années 1970 et 1980, souvent en butte à la censure des autorités.

K-pop et industrie musicale

L'arrivée du groupe Seo Taiji and Boys, en 1992, marque le passage à une pop coréenne qui intègre le rap, la danse et la production électronique. Les grandes agences ont ensuite bâti un système de formation des artistes et d'exportation vers l'Asie puis vers le reste du monde. Le titre Gangnam Style, de Psy, a connu en 2012 un succès planétaire sur les plateformes vidéo, avant que des groupes comme BTS ou Blackpink ne s'installent durablement dans les classements américains et européens. Cette réussite s'appuie sur des chorégraphies très travaillées et sur un lien permanent avec les communautés de fans en ligne.