La littérature sud-coréenne

Héritage classique

La littérature coréenne ancienne s'écrit longtemps en caractères chinois, langue savante des lettrés de Goryeo et de Joseon. Elle produit des chroniques, des recueils poétiques et une abondante prose historique. Le sijo, poème bref de trois vers, devient à partir du XIVe siècle la forme lyrique la plus pratiquée et se transmet aussi bien par l'écrit que par le chant.

Le roman en langue vernaculaire apparaît sous Joseon, porté par l'adoption progressive du hangeul. Le Songe des neuf nuages de Kim Man-jung, composé au XVIIe siècle, et le récit populaire de Chunhyang comptent parmi les textes les plus lus, ce dernier ayant nourri le répertoire chanté du pansori.

Modernité et mémoire du siècle

Le tournant du XXe siècle introduit le roman moderne, la nouvelle et le vers libre. Sous la colonisation japonaise, des auteurs comme le poète Kim Sowol ou l'écrivain Yi Sang explorent la mélancolie et l'expérimentation formelle malgré la censure. La division du pays et la guerre de Corée fournissent ensuite un matériau central, décliné dans une littérature de la séparation des familles et de l'exil intérieur.

Les décennies de régime autoritaire suscitent une littérature engagée dont Hwang Sok-yong reste une figure marquante. Les années 1990 et 2000 voient s'affirmer des voix plus intimes, tournées vers la ville, le travail et la place des femmes. Le roman Kim Jiyoung, née en 1982, de Cho Nam-joo, a ainsi accompagné le débat public sur les inégalités entre les sexes.

Consécration internationale

Han Kang a reçu le prix Nobel de littérature en 2024, première distinction de ce type pour une autrice écrivant en coréen. L'Académie suédoise a salué une prose poétique confrontée aux traumatismes de l'histoire et à la fragilité de la vie humaine. La romancière avait déjà obtenu le Man Booker International Prize en 2016 pour La Végétarienne. Ses livres traduits en français comprennent Celui qui revient, consacré au soulèvement de Gwangju, ainsi que Blanc, Leçons de grec et Impossibles adieux.

Traduction et diffusion

La circulation de cette littérature hors des frontières doit beaucoup au travail des traducteurs et aux programmes publics de soutien à la traduction. Les catalogues français se sont considérablement étoffés depuis les années 2000, portés aussi par l'intérêt du public pour le cinéma et les séries. Le webtoon, bande dessinée numérique lue par défilement vertical, constitue de son côté un domaine éditorial à part entière, largement exporté et fréquemment adapté à l'écran.