Histoire de la Corée du Sud

Origines et Trois Royaumes

Les traditions historiques coréennes remontent au Gojoseon, royaume que les archives chinoises mentionnent dès le début du VIIe siècle avant notre ère. La péninsule se structure ensuite autour de trois entités rivales, le Goguryeo au nord, le Baekje au sud-ouest et le Silla au sud-est. Cette période des Trois Royaumes voit arriver le bouddhisme, transmis depuis la Chine à partir du IVe siècle. Un art funéraire raffiné se développe alors, dont témoignent les peintures murales des tombes de Goguryeo.

À la fin du VIIe siècle, le Silla l'emporte sur ses voisins et unifie la plus grande partie du territoire, tandis que le royaume de Balhae occupe les terres septentrionales. Gyeongju, sa capitale, devient un foyer artistique majeur. Le temple de Bulguksa et la grotte de Seokguram, qui en sont issus, figurent au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1995.

Rayonnement de Goryeo

La dynastie Goryeo règne de 918 à 1392 et lègue aux langues européennes le nom du pays. Ses ateliers portent le céladon à un degré de raffinement rarement égalé et gravent le Tripitaka Koreana, ensemble de plus de quatre-vingt mille planches de bois conservé au temple de Haeinsa. Les imprimeurs coréens mettent au point des caractères mobiles en métal avant Gutenberg. Les invasions mongoles du XIIIe siècle affaiblissent durablement le royaume.

Dynastie Joseon

Fondée en 1392, la dynastie Joseon installe sa capitale à Hanyang, l'actuelle Séoul, et érige le confucianisme en doctrine d'État. Le roi Sejong dote le pays d'une écriture propre, le hangeul, promulguée en 1443 pour rendre la lecture accessible au plus grand nombre. À la fin du XVIe siècle, les invasions japonaises de 1592 ravagent la péninsule et l'amiral Yi Sun-sin repousse la flotte adverse avec ses navires cuirassés. Le royaume se referme ensuite sur l'extérieur, ce qui lui vaut le surnom de royaume ermite. L'Empire coréen, proclamé en 1897, ne survit que treize ans.

Colonisation japonaise

Le Japon annexe la Corée en 1910 et administre le pays jusqu'en 1945. La période se caractérise par une exploitation économique intensive et par une politique d'assimilation qui vise la langue et les noms coréens. Le mouvement d'indépendance du 1er mars 1919 soulève des manifestations dans tout le pays avant d'être réprimé. La Seconde Guerre mondiale accentue les réquisitions de main-d'oeuvre et les mobilisations forcées.

Division et guerre de Corée

La libération du 15 août 1945 s'accompagne du partage de la péninsule le long du 38e parallèle, le Sud passant sous administration américaine et le Nord sous administration soviétique. La République de Corée voit le jour en août 1948. L'offensive venue du Nord déclenche en juin 1950 un conflit qui engage les forces des Nations unies puis la Chine populaire. L'armistice signé le 27 juillet 1953 à Panmunjeom laisse le pays coupé par une zone démilitarisée toujours en place, sans traité de paix.

Reconstruction et démocratisation

À partir des années 1960, une industrialisation rapide transforme un pays ruiné en puissance exportatrice, épisode que l'on désigne comme le miracle du fleuve Han. Les grands conglomérats familiaux, les chaebol, en constituent le moteur, sous des régimes autoritaires qui limitent les libertés publiques. Le mouvement démocratique de juin 1987 impose une réforme constitutionnelle et la première élection présidentielle au suffrage direct se tient la même année. Les Jeux olympiques de Séoul, en 1988, achèvent de faire connaître le pays. La crise financière asiatique de 1997 entraîne ensuite une restructuration profonde de l'économie, avant que le rayonnement culturel des années 2000 ne donne à la Corée du Sud une visibilité mondiale nouvelle.